vendredi 30 novembre 2007

La Tunisie

Nos premières et nos dernières vacances (en fait nos uniques vraies vacances ensemble, devrais-je écrire) se sont déroulées sous le soleil écrasant de la Tunisie. C'était l'année de l'agreg, de mon second voyage en Corée et juste avant le début de ta thèse.

J'étais totalement décalée entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique du Nord en si peu de temps. J'étais complètement hystérique, me remettant à peine des décalages horaires. Toi, tu étais comme toujours calme et gentil avec moi. Aux petits soins, tu réalisais mes moindres caprices sans jamais lever ta voix alors que ma voix se faisait entendre pour un oui et pour un non.

La mer, le sable chaud, le soleil ...tous les ingrédients étaient réunis pour que nous passions de bonnes vacances ensemble. Malgré mes cris et mes crises, j'ai beaucoup apprécié ces quelques jours arrachés à ton travail! Tu prenais du temps pour toi et pour moi. Tu passais du bon temps sans te préoccuper de tes mathématiques. Tu riais de bon coeur. Tu découvrais la joie de découvrir une autre culture.

Tu aimais aller chercher du coca à l'épicerie du coin à pieds avec ton petit panier en osier. J'aimais te regarder partir au loin en me demandant chaque fois si tu allais revenir. Et je guettais ton retour ...sans rien laisser apparaître. Je n'étais totalement rassurée que quand je pouvais rester collée à toi. Je n'étais heureuse que dans tes bras.

jeudi 29 novembre 2007

Soutenance de Thèse

Quoique tu puisses en dire ou en douter, j'ai toujours eu une fierté non dissimulée pour toi, pour ton travail. J'ai toujours été fascinée par ta capacité à travailler beaucoup, à t'oublier dans tes projets mathématiques, à te donner entièrement dans ce que tu fais. Ta capacité à t'ouvrir aux choses nouvelles et à relever des défis comme personne.

Bien sûr, parfois je me suis révolté contre cette passion dévorante. Parfois j'ai maudit les Mathématiques et même ton directeur de thèse. Parfois j'aurais aimé être la seule passion de ta vie. Mais je sais que les Mathématiques font partie de toi et je dois t'accepter avec.

Je crois que je t'ai aimé pour cette raison aussi. Moi la nulle en Mathématiques ayant eu une note plus que pitoyable au Bac et détestant au plus au point cette matière si incompréhensible pour moi... je t'aime parce que tu excelles dans un domaine inacessible pour moi.

Cette fierté a été plus forte le 25 juin. Lorsque tu as présenté devant tout le monde les résultats de quatre années de recherche intense. Ce fut un moment particulier: j'étais tellement fière de toi que j'ai oublié tous ces mois de sacrifices, toutes ces soirées reportés et annulées, toutes les frustrations, tous nos week ends envolés, tous ces moments amoureux ratés. J'ai tout oublié, juste pour ton sourire de ce jour-là. Un sourie de satisfaction. Un sourire de triomphe. Un sourire éclatant.

mardi 27 novembre 2007

Les Arènes de Lutèce

Je venais de m'inscrire à Jussieu et je ne connaissais pas encore le qurtier. Tu m'as fait décourvrir ce petit coin dans le Vème: ces arènes si chères à Victor Hugo. La première fois, des enfants jouaient au foot dans l'arène tandis que nous prenions place sur l'amphithéàtre. Quelques couples d'amoureux occupaient les autres gradins.

Nous y allions pour déguster notre déjeuner ou tout simplement pour discuter ensemble. Je me revois allongée, ma tête sur tes genoux. Tes mains jouant avec mes cheveux. Le soleil de l'automne nous éblouissait le temps d'un après-midi.

Nous apprenions à nous connaître. Je t'écoutais me donner quelques tranches de ta vie, tandis que je te posais mille et une questions. J'étais avide du moindre détail de ta vie et du moindre fait te concernant. Tu m'écoutais te raconter quelques anecdotes de ma vie et je répondais à mon tour à tes questions. Nous étions tellement bavards que nous ne voyions pas le temps passer.

Je me souviens de ces quelques après-midis ensoleillés que nous avons passés en tête à tête dans ces arènes.